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Le pic d’inflation semble enfin atteint, laissant davantage de souplesse à la Fed
 
mardi 21 sept. 2021, source : Investir, le Journal des Finances
Il ne faut pas bouder les bonnes nouvelles. Les prix à la consommation aux Etats- Unis ont augmenté de 0,3 % en août. Calculée en glissement annuel, la hausse dépasse 5 %, ce qui reste un chiffre élevé. Mais il est en nette décélération par rapport aux mois précédents (entre 0,6 % et 0,9 % mensuels). Le fléchissement est encore plus marquant si l’on prend en compte l’indice hors énergie et alimentation, qui ne progresse que de 0,1 % (+ 4 %). Cela laisse espérer que le diagnostic établi par beaucoup d’économistes, et la Fed ellemême, d’une accélération transitoire de l’inflation, est le bon. LA FED PLUS À L’AISE L’analyse détaillée des composantes de la hausse des prix est également rassurante. « Le prix des voitures d’occasion qui avaient enregistré des progressions mensuelles très fortes d’avril à juin (de + 7 % à + 10 %) a reculé de 1,5 % en août après + 0,2 % en juillet », expliquent les experts de La Banque Postale AM (LBP AM). « Le message envoyé par le prix des billets d’avion est similaire avec la chronique suivante : + 10,2 % en avril, + 7,0 % en mai, + 2,7 % en juin, – 0,1 % en juillet et – 9,1 % en août », poursuivent-ils. Cette orientation aidera la banque centrale américaine à lancer son tapering (réduction des achats de titres) attendu pour la fin de cette année ou le début de l’an prochain. Son comité de politique monétaire se réunira mardi et mercredi prochains. Il pourrait préciser ses intentions sur l’inflexion qu’il compte donner à sa politique. La présentation de ses nouvelles prévisions donnera d’ailleurs une indication sur sa perception de la conjoncture, alors que la croissance s’étiole après un très bon début d’année. La décision de taper reste délicate, car la question de l’inflation n’est pas définitivement ranchée. Les tensions de l’appareil productif sont toujours d’actualité. « Il suffit pour s’en rendre compte de jeter un oeil aux prix… à la production. Depuis le début de l’année, ils avancent au rythme mensuel de 0,85 % par mois. De plus, on ne peut pas dire qu’une inflexion dans le sens du ralentissement soit vraiment perceptible : + 0,7 % en août [8,3 % en glissement annuel] après + 1 % en juillet [7,8 % en glissement annuel] », analyse Hervé Goulletquer, le directeur adjoint de la recherche de LBP AM. A moyen terme, c’est évidemment la question de l’évolution des salaires qui sera essentielle, mais surtout celle des coûts salariaux. Il faut prendre en compte évidemment les gains de compétitivité dégagés par les entreprises américaines, susceptibles d’amortir les augmentations salariales. Les indications sur le marché du travail de la Fed la semaine prochaine seront ainsi particulièrement instructives. La thématique est complexe. Les experts de la banque Lazard soulignent que « si l’on compte environ trois millions de chômeurs de plus qu’avant la crise, l’emploi total est en réalité de près de 8 millions au-dessous de la tendance d’avant la crise. Il y a donc apparemment cinq millions de personnes qui ne sont pas comptabilisées dans la population active et potentiellement en attente d’un emploi ». Mais, « en réalité, le nombre de personnes n’étant pas comptées dans la population active, mais souhaitant un emploi, est supérieur d’à peine un million par rapport à fin 2019 », estiment-ils. 3.500 MILLIARDS DE DOLLARS ET DES HAUSSES D’IMPÔTS Une réserve de main-d’oeuvre existerait actuellement en raison des aides généreuses de l’indemnisation des chômeurs. Or elles ont été supprimées récemment (Investir du 11 septembre), laissant à penser qu’une part d’entre eux pourrait revenir sur le marché du travail. L’ampleur des projets du président, Joe Biden, sera aussi importante dans l’analyse. Ils pourraient être revus à la baisse. Les démocrates de la Chambre des représentants ont travaillé, cette semaine, en commission sur le sujet délicat des hausses d’impôts visant à financer le grand plan de 3.500 milliards de dollars de dépenses sociales. Ils seraient favorables à une augmentation du taux d’impôt sur les sociétés (IS) de 21 %, actuellement à 26,5 %. C’est beaucoup, mais moins que la proposition initiale de Joe Biden. Les députés pourraient aussi renforcer le taux marginal de taxation des plus-values à 25 % (20 % actuellement). Joe Biden proposait d’aligner la taxation des revenus du capital sur ceux du travail (39,6 %), soit une sanction nettement plus forte. Le projet est encore loin d’être adopté. - PHILIPPE WENGER


 
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