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Bruxelles abaisse ses prévisions de croissance
 
lundi 23 mai 2022, source : Investir, le Journal des Finances
L a dernière fois que la Commission européenne a livré ses prévisions économiques, c’était le 10 février, soit deux semaines précisément avant l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes, à la stupeur générale. Pas étonnant, dans ces conditions, que l’institution ait revu drastiquement à la baisse son pronostic de croissance. Au lieu de 4 % attendus en 2022, et 2,7 % en 2023, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro devrait progresser respectivement de 2,7 % et de 2,3 %. POUVOIR D’ACHAT « L’économie mondiale et l’économie de l’Union européenne pâtissent principalement des prix des matières premières énergétiques. Alors que les prix avaient déjà considérablement augmenté avant la guerre, à partir des faibles niveaux enregistrés pendant la pandémie, l’incertitude autour des chaînes d’approvisionnement les a poussés à la hausse et a accru leur volatilité », explique la Commission européenne. Confrontés à la flambée des prix des aliments, des biens et services de base, les ménages voient leur pouvoir d’achat diminuer. En plus de la guerre en Ukraine, les confinements stricts, en Chine, aggravent la désorganisation du commerce mondial. Et de rappeler que l’inflation a atteint 7,5 % en avril dans la zone euro, le taux le plus élevé de l’histoire de l’union monétaire. Elle devrait décélérer à 6,5 % en fin d’année et à 2,7 % en 2023. Mais certains facteurs permettront d’éviter un ralentissement trop sévère, voire une récession. La bonne dynamique engrangée en 2021, un marché du travail florissant, avec un taux de chômage qui n’avait jamais été aussi bas dans l’Union européenne, fin 2021, et, enfin, un bon niveau d’épargne accumulé pendant la crise, tous ces éléments soutiendront l’activité dans les prochains mois. A cela s’ajoutent les mesures budgétaires des pouvoirs publics visant à compenser la hausse des prix de l’énergie et les réouvertures post-confinement. MARCHÉ DE L’EMPLOI Le taux de chômage devrait encore régresser à 7,3 % fin 2022, et à 7 % fin 2023, dans la zone euro. Bruxelles précise que les personnes fuyant la guerre en Ukraine ne devraient entrer sur le marché du travail que progressivement et ne devraient pas se concrétiser dans les chiffres avant 2023. Difficile, dans cet environnement, de présenter une copie parfaite des comptes publics. L’assainissement des finances post-crise sanitaire sera donc un peu plus lent que prévu. A près de 100 % du PIB dans la zone euro en 2020, le ratio d’endettement public a été réduit à 97 % fin 2021, et devrait diminuer à 93 % l’an prochain. Les politiques budgétaires, très généreuses, déployées pendant la pandémie ne seront donc pas encore résorbées dans les comptes à cette date. La Commission européenne, comme la plupart des prévisionnistes, met un large bémol à son nouvel opus de projections économiques. Le risque le plus important qui pèse sur les hypothèses est sans conteste l’éventualité d’une interruption pure et simple de l’approvisionnement en gaz russe. Dans ce scénario, les taux de croissance du PIB seraient en 2022 et en 2023 inférieurs d’environ 2,5 points et 1 point de pourcentage aux prévisions de référence. Donc la récession serait évitée de justesse, cette année, en zone euro. « D’autres scénarios sont possibles, dans lesquels la croissance pourrait être plus faible et l’inflation plus élevée que nous ne le prévoyons aujourd’hui », conclut le commissaire à l’économie Paolo Gentiloni. - CAROLINE MIGNON


 
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